Même 15 ans après sa sortie, Skyrim occupe encore une place assez unique dans le paysage vidéoludique. Quasiment aucun jeu n’a en effet réussi à le remplacer, voire même le concurrencer, en tant que maître du monde ouvert bac-à-sable médiéval fantastique. Peu de titres ont pu offrir une liberté, on pourrait-on même dire une seconde vie virtuelle, de manière aussi marquante que le monument de Bethesda. Il se pourrait toutefois que Crimson Desert, la prochaine production du studio coréen Pearl Abyss, soit enfin celui qui viendrait détrôner The Elder Scrolls Skyrim sur ce terrain.
Fruit d’un développement particulièrement long de sept ans semé d’embûches et de reports, Crimson Desert arrivera finalement ce 19 mars 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series. Il s’agira du tout premier jeu solo de Pearl Abyss, connu pour des MMO particulièrement denses comme Black Desert. Leur propension à proposer des jeux très riches dans des univers immenses avec pléthore d’activités à entreprendre, on le retrouve cela dit complètement dans leur prochain titre, mais forcément l’aspect massivement multijoueur en moins. Cela n’a visiblement pas empêché le studio coréen d’entretenir des ambitions proprement colossales pour leur futur projet, au point de donner le tournis aux joueurs, ou de paraître beaucoup trop beau pour être vrai. Voyons justement en quoi toutes ces folles promesses font de ce titre l’étoffe d’un potentiel successeur de Skyrim au rang de plus grand jeu dans un monde ouvert fantastique bac-à-sable.
Crimson Desert, ou le fils spirituel de Skyrim venu de Corée ?
Si Skyrim a conservé un statut aussi légendaire après tant d’années, ce n’est clairement pas grâce à sa quête principale, qu’on a tendance à rapidement oublier. Ce qui a fait la renommée du titre de Bethesda, c’est plutôt l’énorme liberté qu’il offre pour écrire sa propre histoire dans le monde de Bordeciel. Une fois l’introduction impliquant une exécution ratée de peu par l’apparition d’un dragon noir, cette région nordique de Tamriel nous tend en effet les bras, nous invite à en explorer quasiment sans limite les moindres recoins et à tracer sa route au gré de nos envies. Sur le papier, Crimson Desert semble emprunter la même voie dans le monde de Pywel, mais avec cela dit une différence majeure. En lieu et place d’un personnage de notre création, le titre de Pearl Abyss va nous imposer d’incarner Kliff, mais également deux compagnons issus de sa faction, les Greymane, une caste de guerriers dans le déclin qu’il va falloir reconstruire. La trame principale s’avère cela dit, comme la quête de l’Enfant de Dragon dans Skyrim, être davantage un fil rouge pour nous encourager à forger notre propre odyssée au sein d’un terrain de jeu titanesque, propice à toutes formes d’aventures.

S’il ne sera techniquement pas possible de construire les personnages jouables de Crimson Desert de toute pièce comme dans Skyrim, leur développement se fera dans une certaine mesure de manière similaire : en fonction de nos exploits. Sur le titre de Pearl Abyss, cela passera par le fait de gagner des points d’expérience à investir dans un arbre de talents, mais aussi en terrassant des boss spécifiques pour obtenir leurs pouvoirs ou équipements uniques. Il ne sera donc pas question d’une progression « organique » comme sur Skyrim, ou de pratiquer une activité nous faisant progresser afin d’acquérir des talents nous rendant de plus en plus efficaces dans les disciplines maîtrisées. Ceci étant dit, le RPG coréen dispose d’une mécanique de Connaissance, qui implique de devoir observer son environnement ou écouter des conversations pour apprendre des choses, comme une meilleure maîtrise du combat à l’épée ou encore débloquer de nouvelles quêtes.
Mis à part des personnages imposés dans Crimson Desert, tout le reste semble quoi qu’il en soit tendre vers une aventure dans un gigantesque bac-à-sable fantastique qui n’a pas à rougir de ce que proposait Skyrim en son temps. D’une part, le titre de Pearl Abyss souhaite pleinement nous encourager à explorer son vaste univers, à papillonner sans nous imposer un cheminement précis. Il y aura ainsi pléthore de lieux à visiter comme des camps à nettoyer, donjons à piller, villes et villages dans lesquels faire diverses rencontres, mais aussi les Abysses, de mystérieuses ruines flottant dans le ciel. Reste cependant à voir si on retrouvera, comme dans Skyrim, des rencontres aléatoires qui rendaient chaque session de jeu dans Bordeciel unique, car on ne savait légitimement pas ce qui pouvait nous attendre. On espère que le monde de Pywel sera aussi vivant et indépendant des actions du joueur que celui de The Elder Scrolls Skyrim.

Outre cela, Crimson Desert devrait littéralement déborder d’activités annexes à accomplir. On pourra par exemple gérer une ferme pour y faire de l’agriculture et de l’élevage ; développer le camp des Greymane, notre faction, pour en faire une cité à part entière ; mais aussi chasser/pêcher, cuisiner, faire des petits boulots comme conduire une charrette, s’adonner à l’artisanat ou la forge pour fabriquer son équipement, se comporter comme un hors-la-loi (à ses risques et périls) ; bref, avoir une sorte de seconde vie virtuelle dans une ambiance médiévale-fantastique. Soit peu ou prou ce qui a rendu Skyrim si populaire 15 ans plus tôt, et même quasiment inégalé à l’exception de chefs-d'œuvre comme Red Dead Redemption 2 de Rockstar (mais dans une ambiance western). Potentielle ombre au tableau sur ce terrain dans le RPG de Pearl Abyss : il ne sera a priori pas possible de nouer des relations amoureuses, se marier et fonder une famille, comme tel est le cas sur le titre de Bethesda.

Le concurrent potentiel peut-il aller jusqu’à dépasser le maître ?
En attendant de voir ce que vaut véritablement Crimson Desert une fois le jeu entre nos mains, il présente en tout cas sur le papier beaucoup d’arguments particulièrement alléchants pour rivaliser avec Skyrim en termes de liberté et d’immersion dans un énorme monde ouvert fantastique. Non content d’être particulièrement prometteur sur ce terrain, le titre de Pearl Abyss pourrait même aller jusqu’à faire de l’ombre à la légende de Bethesda. C’est en tout cas ce qu’ont laissé miroiter les trois vidéos de présentation du jeu en amont de sa sortie, toutes plus excitantes les unes que les autres.
Tout d’abord, Crimson Desert entend compter sur l’héritage des précédents jeux de son studio pour proposer un gameplay nettement plus complet que celui de Skyrim, qui est dans son exécution assez simpliste. Dans les combats par exemple, il faut en effet se contenter d’une attaque légère ou lourde au corps-à-corps, de bloquer ou d’esquiver les coups, de viser et décocher sa flèche à distance, ou d’équiper un sort dans une de ses mains pour les envoyer via la pression d’une touche. Sur le RPG coréen, on aura droit à une panoplie proprement folle de commandes différentes. Outre les techniques conventionnelles, tout un pan des affrontements se jouera sur la lutte à mains nues et des prises grâce à un moteur physique particulièrement riche. De même, se battre à distance impliquera pléthore de techniques à utiliser pour briller sur le champ de bataille, comme différents modes de tir ou encore des glissades/ sauts, ainsi que plusieurs types de projectiles à utiliser. Enfin, la magie prendra bien des formes, comme des attaques élémentaires, la manipulation de la gravité ou encore un moyen de locomotion fonctionnant comme le balancement de Spider-Man.

Crimson Desert va donc sur le papier se permettre tout un tas de folies pour nous offrir l’embarras du choix dans la manière de se battre ou encore d’explorer son monde. Beaucoup de capacités que l’on débloquera devraient en effet aussi servir en-dehors des phases d’action traditionnelles. À ce titre, le RPG de Pearl Abyss s’inspire également d’autres monuments des jeux en monde ouvert plus récents comme Breath of the Wild/Tears of the Kingdom chez Nintendo, ou encore Dragon’s Dogma chez Capcom. Ceci étant dit, une telle générosité en termes de capacités à utiliser pose question quant à la jouabilité et l’ergonomie des contrôles. Sur ce point, il faudra attendre d’avoir le jeu en main pour mieux s’en rendre compte. À noter que ceux-ci ont connu plusieurs remaniements depuis nos précédentes prises en main. On espère pour le meilleur, car l’expérience nous avait paru parfois inutilement complexe en raison de la multitude de boutons à utiliser pour effectuer des actions pourtant relativement simples. C’est peut-être d’ailleurs notre plus grosse crainte s’agissant de ce titre autrement si prometteur. On croise donc les doigts pour qu’elle soit infondée.
En parlant d’exploration, Crimson Desert devrait également se montrer encore plus riche que Skyrim, où l’on finissait à la longue par retrouver une certaine répétition dans les types de lieux à visiter. Tout d’abord, le monde ouvert de Pywel proposera cinq régions aux ambiances radicalement différentes, de la forêt au désert en passant par des monts enneigés ou une vaste cité semi-futuriste. Cela devrait donc augurer une plus grande variété dans le design de chaque zone et de ce qu’elle y contiendra. On en profite aussi pour mentionner à nouveau les fameuses Abysses, ces mystérieuses îles flottantes, qui entendent quant à elles faire la part belle à des puzzles que The Talos Principle n’aurait pas renié. Tout cela, on pourra autant l’arpenter à dos d’un cheval classique que de montures plus exotiques et assez rarement vues dans un jeu comme un raptor, voire même un dragon ou encore un… mécha (parce que pourquoi pas ?).

Enfin, pour revenir sur les diverses activités à effectuer pour mener sa vie virtuelle, Crimson Desert devrait également aller piocher du côté de Red Dead Redemption 2 pour offrir un sentiment d’immersion qui devrait complètement surclasser Skyrim dans le domaine. Cela passera notamment par une grande variété d’interactions avec les personnages non joueurs, comme donner une pièce à un mendiant ou encore jouer à pierre-feuille-ciseaux avec des enfants. Mais c’est aussi à travers des animations très réalistes, rendues possibles grâce à des technologies bien moins abouties du temps de Skyrim. Le titre de Pearl Abyss va non seulement nous proposer un monde ouvert incroyablement vaste, mais en plus le faire avec des graphismes assez impressionnants… si le tout est bien optimisé. Là encore, on ne pourra se rendre compte de l’aspect technique et visuel du titre qu’une fois celui-ci installé sur notre machine afin de voir comment ce titre proprement massif va tourner.
Crimson Desert se présente ainsi comme un titanesque fourre-tout de ce qui fait rêver les amateurs de RPG en monde ouvert : une gigantesque carte à explorer en toute liberté, des tonnes d’activités annexes à faire pour vivre une sorte de seconde vie dans un univers fantastique, le tout avec un gameplay aussi riche que complexe et une belle plastique. Soit ce que pourrait présenter un Skyrim exploitant des technologies plus modernes, comme au hasard un certain The Elder Scrolls 6 à venir. Est-ce que le titre de Pearl Abyss a les épaules suffisamment solides pour tenir autant de promesses aussi folles ? C’est la question qui brûle sans doute les lèvres d’énormément de joueurs, et nous n’aurons une réponse qu’à sa sortie le 19 mars 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series. Dire qu’on attend fébrilement ce jour, surtout votre serviteur qui adore les expériences bac-à-sable de ce type, est un doux euphémisme. On croise en tout cas les doigts pour que le résultat soit à la hauteur de ce qui pourrait bien être l’un des plus grands jeux de l’année… voire marquer l’industrie vidéoludique à tout jamais ? L’avenir nous le dira.